Un malaise sur la E19 au Rœulx dans l’indifférence générale

Un malaise sur la E19 au Rœulx dans l’indifférence générale
D.R.

« Je ne suis pas médecin et je suis pressé, et surtout, il faut bien l’avouer, je m’en fiche en fait… », combien de personnes ont dû se dire cela ou quelque chose de semblable ce lundi après-midi en voyant une voiture arrêtée en plein milieu de l’autoroute, sur la deuxième bande, conductrice affalée sur la vitre, visiblement en état de détresse absolue ?

A part Camille, aucune voiture ne s’est arrêtée.
A part Camille, aucune voiture ne s’est arrêtée. - E.G.

Camille Coppin, elle, est outrée par l’attitude des gens, elle est la seule à être venue à la rescousse de cette dame qui faisait un malaise dans un brouhaha et un embouteillage monstre : « J’arrivais sur la E19 en direction de Mons, peu après le Rœulx (à Gottignies, NDLR), quand j’ai été surprise par un ralentissement avec une file énorme. Au début, je me suis dit que c’était déjà les ralentissements dus aux travaux sur Mons. Du coup, je me suis faufilé de file en file quand je suis tombée sur une voiture arrêtée en plein milieu de l’autoroute, les quatre feux de détresse allumés. Je vois d’emblée que la conductrice est au plus mal, quasi inconsciente, la tête couchée contre la vitre, ses mains tenant sa poitrine, comme si elle faisait un malaise cardiaque. Je me mets à la hauteur de la voiture, me fais déjà klaxonner, baisse ma vitre, j’essaye de dialoguer avec la maman de la conductrice à ses côtés qui m’explique qu’elle ne sait pas appeler les secours, car elle est étrangère et ne connaît pas le numéro, ni la procédure d’appel. La maman ne savait pas conduire non plus pour déplacer la voiture. Je me gare alors sur la bande d’arrêt d’urgence et appelle le 112 qui me demande de poser certaines questions à la dame en détresse. Je traverse la première bande à pied, les voitures slaloment, les camionneurs klaxonnent, s’énervent, me font de grands gestes, mais toujours personne ne vient aider ces pauvres femmes… »

Juste se rincer l’œil

Un manque de considération totale envers des personnes en situation d’urgence. « Je suis écœurée par l’être humain, en moins de 30 minutes des centaines de voitures nous ont croisés dans l’indifférence la plus totale. D’autres ont freiné, juste pour se rincer l’œil ou prendre photo et vidéo avec leur smartphone avant de repartir aussitôt. Je suis dégoûtée de voir les gens sans humanité, ni solidarité, des gens égoïstes, pressés et indifférents à la détresse des autres. Mettez-vous à la place de cette jeune conductrice de moins de 30 ans, et dites-vous que vous seriez heureux qu’on vienne en aide à une personne de votre famille. Peut-être certaines personnes se reconnaîtront dans ce monde d’égoïstes, je ne les félicite pas ! », rajoute Camille.

La suite, l’ambulance a débarqué, à ce moment deux jeunes ont daigné pousser le véhicule en détresse sur la bande d’arrêt d’urgence. « J’espère sincèrement que la dame dont j’ignore l’identité s’en est sortie », termine Camille Coppin, professeure en secrétariat dans la région du Centre, qui ne veut absolument pas que l’on considère son attitude « normale » comme un geste héroïque. La malheureuse conductrice a alors été conduite en urgence à l’hôpital Ambroise Paré à Mons. Et la circulation a repris de plus belle et les klaxons se taisent pour un certain temps du moins…

De la non-assistance à personne en danger

Mardi, Septembre 10, 2019 - 19:21

De la non-assistance à personne en danger

Peut-on considérer que cette indifférence soit considérée ici comme de la non-assistance à personne en danger ?

L’article 422 bis du code pénal stipule que vous devez venir en aide à une personne en danger si vous êtes conscient du danger et si vous pouvez aider sans mettre votre vie en péril. L’aide à apporter est fonction du degré d’urgence. Le fait de ne pouvoir s’arrêter peut être pris en considération. Mais cela n’empêche pas d’appeler le 112 au minimum.

Que risque-t-on pénalement ?

Vous pouvez être condamné pour non-assistance à personne en danger. Il s’agit d’une infraction pénale qui peut donner lieu à une amende ou à une peine de prison. La peine peut notamment être alourdie si la personne en danger est mineure ou vulnérable. Mais il faut prouver que vous avez omis intentionnellement d’agir dans une situation qui l’exigeait. Le fait de filmer les faits sans apporter son aide, et de les poster sur les réseaux, peut servir de preuve dans certains cas.

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