Dour: conteneurs à puces, les éboueurs trinquent
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(V.P)
Pour les habitants de la commune de Dour, ce début d’année est synonyme de passage au nouveau système de collecte des déchets basé sur un conteneur à puce. Entre les injures de la population et les journées à rallonges, les éboueurs ont la vie dure...
Publié le 05/01 à 18h42
Les premières lueurs du jour percent à peine sur l’horizon percé d’éolienne de la commune de Dour, pourtant les équipes d’éboueurs de la société SITA sont déjà au travail.
Au sein des équipes d’éboueurs, le passage au conteneur à puces a été vécu comme une vraie révolution. Après pourtant vingt années de travail à leur compteur, Didier Fricq (48 ans), Florent Philippe (46 ans) et Bulazar Kazim (49 ans) ont dû réapprendre leur métier. Ils ont tous trois suivi une formation auprès de la société liégeoise SULO, qui fournit les conteneurs. Toutefois, malgré tout ce qu’on a pu dire, les ouvriers sont loin de se plaindre de leurs nouvelles conditions de travail. “ Le travail est beaucoup moins lourd, ” confie Didier Fricq. “ Ici à Dour, les sacs de 100 litres pouvaient parfois peser jusqu’à 50kg. À la fin de la journée, je peux vous dire qu’on avait mal au dos! Avec les conteneurs à puces, nous ne devons presque plus soulever de charges importantes ”
Pourtant, le travailleur nous confie que la veille, leur journée de travail s’est prolongée jusqu’à 22h. En cause: la mauvaise volonté ou tout simplement les difficultés qu’éprouvent certains citoyens à s’adapter au nouveau système de tri. “ On retrouve encore des objets non-conformes, comme des barquettes d’aluminium dans les sacs biodégradables. ”
Pareillement, malgré les appels répétés de la commune, ce mardi, sur de nombreux trottoirs gisaient encore des anciens sacs. En contact direct avec la population, les agents de la propreté publique subissent les foudres de citoyens en colère. “Il y a d’une part les gens qui se soucient de la protection de l’environnement et qui adhèrent totalement au système. Mais à côté de ceux-là, il y a ceux qui n’en ont rien à faire. Tout ce qui compte pour eux, c’est de se débarrasser de leurs ordures. Alors ils s’en prennent à nous et nous traitent de canailles. Cette année, au lieu d’avoir nos étrennes, on s’est fait insulter... ” regrette l’éboueur. (...)