Dour: Bernard cultive des patates pour les frites
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Cette année, Bernard a planté neuf variétés de patates.
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Des frites, on connaît surtout le paquet. Décliné à toutes les sauces. Mais cette spécialité nationale est-elle nécessairement une aubaine pour nos agriculteurs? Nous avons posé la question à Bernard Brunin, né dans la ferme familiale douroise qu’il a reprise en 1989.
Publié le 29/11 à 16h37
“ Les pommes de terre, ça représente entre 10 et 15 % de mon exploitation. Cette année, j’ai planté neuf variétés différentes sur environ 14 hectares. 50 % sont vendus en vente directe, le reste part en usines de traitement ”, explique Bernard Brunin.
>Peut-on faire des frites avec n’importe quelle patate?
“ Les usines ne prennent que des Bintjes, variété standard. Mais nous, nous plantons aussi des Astérix, de couleur rouge, et des Victoria, de couleur jaune. Avec les Bintjes, on peut avoir jusque 20 pommes de terre par plant. Avec les autres, une petite dizaine seulement. Mais elles sont plus grosses et leur goût est meilleur. ”
>C’est une culture difficile?
“ Cela demande un suivi spécifique. D’abord, avant de planter, on procède à une analyse du sol. On dresse un profil azoté et en fonction des résultats, on voit si oui ou non il faut rajouter de l’azote. Parce que si on en met trop, le rendement est meilleur mais le goût change et la conservation n’est pas garantie. D’autant plus qu’il faut aussi tenir compte de la quantité de pluie tombée… ”
>Et cela demande beaucoup de soins?
“ L’ennemi numéro un reste le mildiou. Mais on s’assure les services du Centre agronomique de Recherche agricole du Hainaut, basé à Ath. Il nous informe régulièrement de ce qu’il faut prodiguer comme soins préventifs. Idem pour la conservation, qui n’est pas toujours chose aisée. Il faut aussi tenir compte des températures, pour l’arrachage comme pour la conservation. On arrache entre 10° et 15 °. Et il faut les conserver à minimum 8°. Dans des endroits secs et à l’abri de la lumière. ”
>Il existe encore beaucoup de clients qui achètent au détail? “ Il en reste. Mais le nombre baisse. De plus en plus de personnes achètent les frites précuites et surgelées. Y compris dans les friteries. C’est logique: dans les commerces où l’on épluche soi-même, il y a une réglementation stricte pour la gestion des épluchures! De toute façon, dans les usines de conditionnement, la pomme de terre arrive entière et elle sort précuite. ”
>Dans un secteur agricole en crise, la frite reste rentable?
“ Pour le moment oui. ”