Dour: 300 gens du voyage campent avant Laon

Jean-Marie Becker, fier de son appartenance manouche.

Jean-Marie Becker, fier de son appartenance manouche.
    Lundi dernier et jusque ce dimanche, quelque 300 gens du voyage font étape à Dour. Destination: Laon, où les attend un grand rassemblement chrétien. Parmi eux, Jean-Marie Becker. Un nom bien connu dans la région.

    Rédaction en ligne

    Fier de son appartenance manouche, Jean-Marie Becker reconnaît qu’il porte un nom de famille souvent cité dans la rubrique boraine des faits divers. Mais il l’assume et nous annonce que les choses pourraient changer...

    Il nous explique: “ Jusqu’à mes 30 ans, ma vie a été marquée par la délinquance. J’ai commis des erreurs, j’ai fait du tort à mes proches, j’ai fait de la prison. Mais aujourd’hui, je suis un autre homme depuis que je me suis converti au protestantisme. J’ai d’ailleurs personnellement suivi une formation de prédicateur et je reviens régulièrement vers ma famille avec le ferme espoir que la foi réussisse là où la loi échoue...".

    Souvent, la présence des gens du voyage inquiète les autochtones. Qu’en pense-t-il?

    “ Dans une grande famille, les risques de problèmes sont plus importants que dans une petite. Mais nous, nous appartenons au mouvement évangélique Vie et Lumière et dès que nous nous retrouvons dans un camp, nous essayons de faire partager notre foi ”.

    Jean-Marie Becker poursuit: “ Mais il est regrettable que les gens se fassent de nous une image uniquement négative. On évoque rarement le génocide dont les Tziganes ont été victimes durent la guerre 40-45. Pourquoi? Mais nous n’avons pas de rancœur. Il ne sert à rien de s’apitoyer sur son sort. Il vaut mieux vivre au jour le jour..."

    Justement, parlons de vos campements, comment cela se passe-t-il au quotidien? “ Nous essayons de vivre en totale autonomie afin de déranger le moins possible ”. Et à Dour?

    “ On occupe une terre agricole près du parc à conteneurs. On a trouvé un arrangement avec le fermier. Le bourgmestre et la police nous ont rendu visite. On a un point d’eau à notre disposition, des sacs-poubelle réglementaires et pour le reste, nous disposons de notre propre groupe électrogène..."