Mâts et drapeaux de Buren: les critiques fusent
publié le 25/06/2009 à 06h45
![]()
Place de la Justice, avant même son inauguration, une œuvre suscite déjà des réactions. Difficile de voir un sens à cette forêt de poteaux avant qu’on y ajoute les drapeaux. Même finalisée, elle continue à faire débat. Comme souvent avec l’art contemporain.
Rédaction en ligne
Il faisait beau avec une brise marine hier matin pour l’inauguration de Bleus sur jaune, l’œuvre de l’artiste français Daniel Buren installée sur une place de la Justice entièrement refaite. Malgré ces conditions idéales, tous les riverains n’étaient pas ravis. Même ceux qui étaient venus à l’inauguration.
“ Les travaux ont été très pénibles ”, lance d’emblée cette étudiante qui habite rue Lebeau. “ Cela a fait énormément de bruit pendant un an. Toute la journée, avec les tranchées dans les trottoirs, aucun respect! Tout cela, pour avoir ces vilains poteaux. ” Et Muriel Obno d’ajouter:“ je m’attendais à autre chose. Comme c’était du Buren, à quelque chose de plus impressionnant. Surtout qu’on a eu vent des budgets débloqués à cet effet. Je m’attendais à quelque chose d’un peu moins zim boum pouet pouet, d’un peu moins cheap. Et cette couleur jaune, on dirait ce qu’on met contre la rouille!”
Auderghemois, Alain passe souvent dans le quartier. Il est tout aussi sévère. “ Je suis plasticien et je connais bien le travail de Buren. Je trouve qu’il a fait des choses mieux intégrées et plus percutantes. Je trouve le jaune un peu cheap. Et que le bleu foncé s’y intègre mieux que le bleu turquoise. Pourquoi ne pas avoir aussi prévu une déclinaison sur les poteaux? ”
Chez ce commerçant de la rue Lebeau, c’est surtout la procédure qui lui reste sur l’estomac. “ Il y a un mépris total des citoyens et des riverains! Avant, il y avait deux arbres ici. On les a coupés et y a plus que du béton. ”
Sa voisine, également commerçante regrette, aussi les arbres et la longueur des travaux:“ quand on a vu les mâts jaunes plus les tiges, on s’est dit: cela va devenir la place des pendus. ” Depuis qu’on y a mis les drapeaux, elle est sous le charme.
À l’origine du projet, l’ex-échevin Henri Simons ne se formalise pas des critiques: “ On cherchait un artiste qui puisse donner une force à cette place. Et Buren a réfléchi deux mois avant d’accepter. Mais je suis content du résultat. C’est une œuvre chère (Un million) parce que très grande mais à la hauteur d’une capitale internationale. ”
Dossier complet dans La Capitale.
M.B.