Les Wallons doivent-ils avoir peur de Dedecker?

Jean-Marie Dedecker au sommet des sondages.  Belga

Jean-Marie Dedecker au sommet des sondages. Belga
    Jean-Marie Dedecker, 2e personnalité politique préférée des Flamands dans les sondages. Juste derrière Verhofstadt. Dedecker à la tête du 2e parti le plus apprécié au Nord du pays. Un succès presque parfait 2 ans après son lancement. Faut-il s’inquiéter au Sud?

    Rédaction en ligne

    Le nouveau “ poids lourd ” de la politique flamande n’a pas que des mots doux pour les francophones. Au point que Bart De Wever (NV-A), nous confiait: “ Pourquoi les francophones me craindraient-ils? Qu’ils aient plutôt peur de Dedecker!

    Pourquoi De Wever dit ça?” s’emporte le numéro un de la LDD. “ Je n’ai jamais fait de tort aux Wallons!” Que pense-t-il de la Wallonie? “Il faut la réinventer car le système socialiste l’a appauvrie et étranglé sa créativité. Elle a les mêmes atouts que la Flandre. Dommage qu’Aernoudt ait échoué: son programme était ce qu’il fallait à la Wallonie.

    Il n’a jamais songé à y lancer sa propre liste? “ Oui... avant qu’Aernoudt débarque. Maintenant, laissez-moi d’abord essayer de survivre au 7 juin!

    Survivre? Avec de tels sondages? Devant l’Open VLD, le parti dont il a été exclu à l’automne 2006. Pas jouissif, ça? “ Un petit orgasme moral ”, avoue-t-il, même s’il dit ne pas faire de la politique par rancune et s’il préfère pointer du doigt “ des sondages dangereux ”. Dangereux? “ Je deviens l’ennemi commun, l’homme à abattre. L’Open VLD, le sp. A, tous m’attaqueront. Même De Wever!

    Seize pour cent, il n’y croit pas trop. “ Si j’atteins déjà 10 ou 12 %, soit le double de mon score précédent, ce sera très bien.

    Une analyse partagée par le politologue Dave Sinardet. “ Dans un précédent sondage, la LDD était créditée de 12 %. Il faut donc rester prudent.

    Le succès de Dedecker, “ c’est des positions libertaires (contre l’interdiction de fumer dans les restos ou cafés, par exemple) et populistes. Il se positionne comme le vrai représentant des gens et surfe sur l’hostilité à l’establishment politique qu’il n’oublie jamais d’attaquer.

    Plus fréquentable que le Vlaams Belang dont il rejette l’extrémisme vis-à-vis des étrangers. Il donne aux gens le sentiment d’un vote utile pour un parti qui pourrait gouverner... s’il est prêt à accepter des compromis. “ Oui ”, clame-t-il, “ mais sans me compromettre. ”