Julie, la patronne du DNA, la dernière à avoir vu François Demoulin, disparu depuis vendredi
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C’est donc au café le DNA, dans le centre de Bruxelles, que François Demoulin, disparu dans la nuit du 22 au 23 juin, a été aperçu pour la dernière fois. Julie, la propriétaire, était au bar ce soir-là. Elle connaissait bien François.
François était un habitué du DNA, dans le centre. (C.S.)
“ Il fréquentait l’établissement, c’est un habitué. Mais je le connaissais même avant de reprendre ce café: j’ai été metteuse en scène et j’ai suivi notamment le travail de l’ASBL “ Lune et l’autre ” pour laquelle il travaille. Cette compagnie fait vraiment de belles choses”, explique-t-elle.
Le déroulement de la soirée de vendredi, elle s’en souvient encore parfaitement. “ Vers 23h-23h30, François s’était endormi, saoul, sur le pas de la porte. Je l’ai donc rentré pour l’installer en haut, sur le kicker, mais il est vite descendu. Il est resté au comptoir jusqu’à 4/5h du matin, mais il n’a bu que de l’eau. J’en suis sûre, j’ai fait passer le mot aux serveurs pour qu’ils ne lui servent plus d’alcool ”, reprend notre interlocutrice.
Il a raté ses répétitions
Mais après qu’il ait quitté l’établissement, il n’a plus jamais donné signe de vie. “ Ses proches se sont rapidement inquiétés ”, raconte Julie. “ Parce qu’il ne peut pas être parti sur un coup de tête. C’était quelqu’un de doux et responsable. Il s’était engagé sur un spectacle important pour le festival d’Avignon, et pour lequel il s’investit depuis un an. Mais samedi, il ne s’est pas présenté aux répétitions. Or, dans le milieu du spectacle, on ne rate pas les répétitions, c’est une règle. Moi, même complètement malade, j’y allais, une absence met tout le monde dans l’embarras. ”
Pour elle donc, pas de doute, il lui est sûrement arrivé quelque chose. “ C’est mon intuition de personne qui travaille dans le milieu de la nuit ”, grimace-t-elle. “ Il s’est volatilisé après son départ. Il avait l’alcool angoissé ce soir-là, mais ce n’est pas un sauvage qui disparaît sans rien dire, ce n’est pas son caractère. Il est parti en marchant et pas en titubant, il devait avoir dessaoulé. Même s’il avait pris d’autres substances, il serait en pleine descente aujourd’hui, il aurait repris contact. ”
Et pour savoir ce qu’il s’est passé, Julie s’est jointe aux efforts de la famille. Ce lundi, elle a participé à la battue menée dans le Bois de la Cambre par les proches. “ Ils se sont très rapidement organisés mais, en même temps, ils ne sont pas tombés dans l’hystérie. Ils sont très posés malgré la situation ”, souligne-t-elle
Mais Julie organise aussi ses propres investigations. “ Même si je fais toujours beaucoup pour mes clients - je ne les laisse jamais quitter mon bar en rampant -, je me sens en partie responsable. Alors je veux savoir ce qu’il s’est passé. J’ai beaucoup forwardé l’info dans le milieu de la nuit. J’ai contacté les clients présents ce soir-là, je les connais tous bien, pour voir s’ils n’en savaient pas plus. Je suis même prête à laisser mon établissement pour les recherches, si les gens veulent se réunir pour partager leurs infos, ou autre chose”, conclut-elle.
ch.v.





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