Charleroi: Les citoyens revoient Rive Gauche
Rédaction en ligne
La future place Albert Ier.
C’était couru d’avance: aussi important soit-il pour l’avenir de Charleroi, le projet Rive Gauche ne contente pas tout le monde. C’était un secret de polichinelle: l’enquête publique, qui vient de se terminer, allait déboucher au minimum sur des remarques adressées au service communal d’urbanisme.
Voici les quatre remarques principales du Collectif citoyen carolo qui exprime son analyse, ses inquiétudes et suggestions dans une lettre de onze pages.
>1.“ Interrompre le boulevard Tirou est une erreur ”
La chaussée principale de la Ville-basse est évidemment au centre des préoccupations des citoyens. “ C’est une institution à Charleroi, une façade du dynamisme économique de la Ville […] Le support essentiel du commerce ”, analyse le collectif.
Qui estime que “ l’interrompre aura des conséquences importantes sur la mobilité […] Un boulevard Tirou transformé en deux impasses perdra son statut d’artère de prestige et de convivialité et s’avance vers une mort annoncée. ”
Un jugement sans doute hâtif, mais que l’on a déjà entendu à plusieurs reprises dans le chef des commerçants.
Ce sont surtout les accès aux trémies du parking qui font parler d’elles. Ils demandent le déplacement de celles-ci à hauteur de la rue Ferrer (où se trouve la banque Fortis) et la place Saint-Fiacre, de l’autre côté du boulevard Tirou. Mais surtout, ils insistent pour que l’on maintienne la circulation sur cet axe.
>2.“ La place Albert Ier vendue au shopping ”
Pour le collectif, “ le projet n’apporte pas de réponse satisfaisante au traitement de l’espace public et induit des options fondamentales très néfastes pour la place, le quartier, et pour le coeur de Ville. ” Mieux, ils estiment que ne rien construire à l’emplacement des Colonnades, vouées à disparaître, piégera le chaland dans le centre commercial du promoteur (lisez Saint-Lambert promotion) sans l’attirer dans le tissu commercial de la Ville-basse.
Par ailleurs, il pointe aussi le côté “ non convivial ” de la future place Albert Ier et d’énumérer un revêtement de sol uniforme en béton désactivé, un mobilier urbain dans une zone ombragée, une sortie de parking sans recherche d’intégration urbanistique.
Bref, pour les Collectif citoyen carolo: “ La place n’est pas propice au rassemblement, à la flânerie ou à la rencontre. ” Il demande le maintient de la morphologie de celle-ci.
>3.“ Trop de parking: c’est insensé ”
Sans doute à contre-courant de la plupart des Carolos qui doivent trouver place, le matin, au boulevard Tirou et ses alentours, le collectif estime que “ l’offre pléthorique en parking est un non-sens ” et il privilégie des places de stationnement près des entrées de villes, aux sorties du R9, pour réduire la pression automobile au centre.
>4.“ Un centre commercial coupé de la Ville-basse ”
Le futur centre commercial serait “ fermé ”, à la façon de Ville 2, selon les citoyens. Une critique à un complexe non intégré dans le paysage de la Ville-basse.
D’autres remarques regardant la couleur des façades et l’accompagnement des travaux sont aussi formulées. À ce sujet, les commerçants ne veulent évidemment pas revivre des désagréments tels les trous non rebouchés à la rue de la Montagne durant les soldes, dans le cadre des travaux Phénix.
Dans les dix jours, une réunion de conciliation devra être convoquée si 25 réclamations de citoyens sont envoyées au service urbanisme.
“ Celles-ci seront versées dans le dossier et transmises au fonctionnaire délégué, lance Eric Massin (PS), échevin de l’Urbanisme. Si tout va bien, le permis pourrait être délivré avant la fin de l’année. Ce serait bien. ” D’ici là, des recours devraient sans doute être déposés par des riverains.


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