Publié le Jeudi 16 Février 2017 à

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Anne Parillaud, coup de cœur du Festival International du Film d'Amour de Mons: "Enfant, je voulais être avocate pour défendre les dossiers indéfendables"

Au Festival du Film d’Amour de Mons, Pierre Germay

Coup de cœur du Festival du Film d’Amour, Anne Parillaud était à Mons ce mercredi. Révélée dans « L’hôtel de la plage » de Michel Lang, en 1977, puis dans « Pour la peau d’un flic » aux côtés d’Alain Delon, en 1981, avant d’exploser dans « Nikita » de Luc Besson, rôle qui lui valut le César de la meilleure actrice en 1991, elle a fait le point sur ses envies et ses motivations d’actrice, non sans avouer une certaine fierté de se voir ainsi honorée.


Archive © News

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« Ah moi, ça me touche. Je ne suis pas du tout blasée, je suis toujours très touchée par la reconnaissance que ce soit un prix, une récompense, un coup de cœur comme ici aujourd’hui. C’est une vraie façon de reconnaître mon travail. Et me dire qu’il est partagé, qu’il y a beaucoup de gens qui l’ont apprécié. Comme je n’ai pas du tout de regard vis-à-vis de moi-même, ce retour est vraiment important pour moi ».

Si Anne Parillaud est aujourd’hui l’actrice à succès que l’on connaît, c’est pourtant plus l’effet du hasard : « En effet, je ne l’ai pas décidé », révèle-t-elle. « Moi, je voulais être avocate. Évidemment, dans mes rêves d’enfance, je défendais les dossiers indéfendables. Puis le destin m’a entraînée à faire un premier film à seize ans, pendant mes vacances, juste pour le plaisir. Et là j’ai découvert que c’était peut-être à travers des personnages que j’allais utiliser ce désir de défense. J’allais mettre un costume comme la robe d’avocat, prendre un film comme un dossier et défendre un personnage comme un client ».

Avec le temps, Anne Parillaud ne regrette pas son choix : « Chaque rôle vous entraîne dans un univers, un monde, une histoire auxquels vous n’auriez pas forcément eu accès autrement, parce qu’on n’a malheureusement pas plusieurs vies. Etre actrice permet de toucher à des mondes totalement différents. Si je devais jouer une religieuse, j’irais dans un couvent pendant trois semaines, un astronaute, dans un centre spatial. Et ça, c’est un côté magnifique du métier ».

La filmographie d’Anne Parillaud est une alternance de comédies et de sujets plus durs. Ce n’est pourtant pas du tout calculé : « En fait, plus les personnages vont être puissants, forts et chargés, plus je vais aimer », confie l’actrice française. « Si je pouvais les enchaîner les uns aux autres, je passerais ma vie à ça. J’ai besoin de personnages hors de l’ordinaire, qui m’attirent, m’intéressent. S’il y a alternance, ce n’est dû qu’au hasard ».

L’essentiel pour Anne Parillaud, c’est de tomber amoureuse d’un personnage : « Il faut qu’à ma première rencontre, c’est-à-dire à la lecture du scénario, je sache que je suis ou que je deviendrai ce personnage. En aucun cas je ne le fabriquerai parce que si je le fabrique, ça devient un métier, avec ses règles. Si je suis actrice, c’est parce que j’ai fui ce que j’étais. Si c’était pour fabriquer quelqu’un d’autre, autant fabriquer quelqu’un d’autre que moi ».

Anne Parillaud s’investit cent pour cent dans ses personnages mais est tout à fait capable de les quitter une fois le tournage terminé : « Souvent je donne cette image de l’appartement à louer », explique-t-elle amusée. « C’est comme si j’étais un appartement à louer et que mon personnage va me louer. Quand il s’en va, l’appartement est à nouveau libre pour un autre personnage, il n’a pas été vendu ».

Si Luc Besson a profondément marqué sa carrière, il n’est pas le seul : « Il y a trois metteurs en scène qui m’ont marquée en me donnant des clefs pour pouvoir continuer à évoluer. Le premier, c’est évidemment Besson qui m’a appris comment inculquer un personnage, « Nikita ». Le deuxième, c’est Catherine Breillat qui dans « Sexe is comedy » m’a fait comprendre ce que c’était l’abandon à un metteur en scène, lui faire confiance, devenir son instrument. Le troisième, c’est Amos Gitaï pour « Terre promise », un film où j’ai compris ce que c’était l’abandon à un film. Même si ce n’est pas forcément les films que j’ai le plus aimés faire ni ceux qui ont le mieux marché, ce sont ceux qui m’ont fait progresser ».

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